Le 11 décembre 1997, le protocole de Kyoto, visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 5% d’ici 2012, était signé par cinquante-cinq pays. Plus d’une décennie plus tard, cet objectif est remis au goût du jour grâce à la sortie d’un nouveau carburant : l’E10. Ce dernier rejettera 60% de CO2 de moins que l’essence classique.Agro n’est pas bio…
Selon l’IFUP, 75% des stations-services françaises devraient le proposer d’ici la fin 2009 et tous les véhicules construits après 2000 devraient être compatibles. Bien que le prix demeure inconnu, ce lancement aurait dû ravir les « écolos ». Il n’en est rien. Au contraire, il se trouve être fortement critiqué.
La provenance agricole de l’éthanol dérange. France Nature Environnement considère l’E10 comme un « agrocarburant à côté de ces pompes ». D’où l’indignation de l’association : « Utiliser des céréales pour faire rouler sa voiture, cela veut dire qu'il y en aura moins pour nourrir les habitants de notre planète, et que l'homme continuera à raser des forêts pour augmenter les surfaces agricoles ». FNE, comme de nombreuses autres organisations écologiques, appelle donc à une prise de conscience des dangers de ce carburant : « Déforestation de l’Amazonie » (Cf. Disparition en « chênes ») et « crise alimentaire ».
Un mécontentement auquel ne s’attendait certainement pas le gouvernement qui prévoyait d’accélérer le programme biocarburants français. Sans compter que la non-écologie du produit n’est pas le seul point qui fait débat. En effet, l’Allemagne renonce à sa commercialisation pour des raisons techniques. Le mélange s’avérerait plus corrosif pour les moteurs que l’essence normale. De quoi réalimenter l’interrogation sur sa mise en circulation. Mais surtout, de quoi ravir les membres de FNE pour qui la décision allemande est un modèle à suivre. « Nos amis allemands eux ont déjà dit stop à ce type de carburant ».
Un avenir électrique ?
Le nouveau venu ne fait donc pas l’unanimité et, s’il suit les traces de son prédécesseur, l’E85, sa sortie effective n'atteindra certainement pas les sommets escomptés. Nul doute qu’agro et bio n’amadouent pas. Un agent Renault, qui a préféré garder l’anonymat, ne le nie pas : « En 2008, environ 1.000 pompes commercialisaient l’E85, un biocarburant composé à 85% d’éthanol. Le gouvernement en prévoyait 2.700 pompes. Mais je ne vois aucun développement. Au contraire, je pense que certaines enseignes ont cessé de le proposer. C’est pourquoi je suis persuadé que l’E10, comme l’E85, n’est pas un carburant d’avenir. »

Electrisation en perspective chez Renault
Dans l’optique de rendre chaque citoyen plus responsable pour une planète plus propre, il est nécessaire d’étendre les recherches sur tout autre carburant propre, permettant de réduire les émissions de CO2. Là où l’Allemagne mise sur un biocarburant de deuxième génération, « Renault investit à 200% dans l’électrique. » Notre source de la firme au losange explique : « En France, d’ici 2012, les premières voitures électriques devraient apparaître. Le principe sera d’acheter une voiture et de louer sa batterie. Une batterie qu’il sera possible de recharger chez soi ou dans des stations spécialisées. » Sans bruit, ni vibration et avec une vivacité étonnante, la voiture 100% électrique s’apparente à une aubaine pour l’avenir écologique de l’automobile. Rejetant zéro CO2, elle sera bénéfique pour la planète, mais aussi avantageuse pour ses acheteurs, car « un client qui achète une voiture à émission zéro bénéficie d’une prime de 5.000€ de la part de l’Etat. Une somme qui rembourserait l’achat des batteries. »
Suivant cette route de l’électrique, un modèle a récemment vu le jour au salon automobile de Genève. Il s’agit de la BlueCar. Conçue en partenariat par les groupes français, Bolloré, et italien, Pininfarina, cette voiture innove en matière d’énergie. Ses revêtements sont faits de produits naturels qui respectent la planète. Mais, plus surprenant encore, des cellules photovoltaïques présentes sur le toit et la calandre contribuent à l’alimentation de ses équipements électriques. A l’instar du vélib, le véhicule sera loué à hauteur de 330€ par mois. Bien que plus cher qu’en bus, le trajet sera certainement plus agréable pour ses conducteurs. Mais, il faudra encore patienter – et utiliser le bon vieux vélib – avant d’en fouler les pédales. Bien qu’elle soit d’ores et déjà ouverte aux réservations, sa livraison n’est pas prévue dans l’immédiat.

La BlueCar mettra-t-elle en péril le vélib ?
Romain Carette
Sources :

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